Focus sur quelques éléments

L’hypnose est un outil de changement écologique, la thérapie n’est donc qu’une de ses applications possibles. Nous pourrions dire que l’hypnose est un outil de connaissance de soi, dont la meilleure utilisation est celle qui permet un accroissement de la liberté. Il permet aussi de se libérer d’éléments non désirés pour un retour à Soi.

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Quand une personne est amenée à faire une demande thérapeutique, son désir est de dépasser une gêne, un comportement ou une croyance limitante. La thérapie vient donc aider à retrouver un premier degré de liberté : celle qui permet, une fois la douleur passée, de choisir sa vie. Mais il serait limitant de ne l’utiliser que dans ce cas.

Une histoire d’abord

Une amie avait quelques craintes sur l’hypnose et la perte de contrôle. Je lui ai juste demandé ce qu’était un état normal. En précisant, quand tu es concentrée sur ton travail et que tu n’entends plus rien de l’extérieur, est ce un état normal ? Et quand tu lis un livre et que tu es captivée, est ce un état normal ? Et quand tu pratiques un sport, footing, piscine ou autre, et que tu te sens merveilleusement bien à un moment, est ce un état normal ?

En fait la bonne question est qu’est ce qu’un état normal, et à priori moi je ne sais pas. Il y a des états adaptés, modifiés par rapport à un état dit normal. Mais voilà toute la journée nous passons à travers des états adaptés à nos actions. L’hypnose ne serait en fait qu’un état particulier adapté au travail, à l’action que l’on veut faire dans ce cadre précis et très spécifique. Que ce soit pour aller vers un changement, ou aller vers un état d’être comme le bien être, ou le dynamisme.

Pour plus de détails, lire la suite… mais pour beaucoup ceci suffit à commencer un travail.

Quelques caractéristiques de l’approche Ericksonienne

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Loin de l’hypnose classique et de l’hypnose de spectacle, l’hypnose vue par Erickson est une pratique avant tout intuitive. Pour arriver au résultat et contourner les résistances, Erickson a développé la communication inconsciente par les suggestions cachées et donc souvent invisibles pour le conscient. Profitant des ressources importantes de l’inconscient, il en fait son allié dans l’évolution de la thérapie. Ainsi le symptôme est souvent utilisé dans le processus thérapeutique. L’hypnotiseur Ericksonnien sait aussi observer la communication inconsciente du patient et se servir de tout ce qui est à sa disposition pour provoquer le changement.

De cette façon un objectif peut être atteint très rapidement : l’hypnose Ericksonienne est une thérapie brève (une moyenne de trois à dix séances suffit, parfois moins !).

L’hypnose et le coaching aujourd’hui

Comment est-elle utilisée ? Depuis quelque temps, de nombreuses émissions télévisuelles et radiophoniques vantent les mérites de l’hypnose. Si beaucoup pensent à l’hypnose pour arrêter de fumer ou perdre du poids elle est de plus en plus utilisée pour solutionner de nombreux troubles mentaux et même physiques; elle est donc utilisée par un nombre croissant de thérapeutes et psychiatres. On sait aussi aujourd’hui que le mental peut influencer le physique, et la démonstration la plus évidente est certainement l’anesthésie par hypnose qui semble revenir doucement à la mode dans les hôpitaux.

La distinction entre thérapie et coaching se fait souvent ainsi : la thérapie vient aider à aller bien, le coaching une fois posée des bases solides, vient développer des aspects et des capacités supplémentaires.

L’hypnose s’est beaucoup développée dans l’aide à la performance. Les professions à risques et sports extrêmes ont été souvent les premières à en profiter (Gardes du corps, navigateur en solitaire, pilotes…), elle s’est ensuite répandue dans la plupart des sports de haut niveau (Golf, tennis, et maintenant aussi dans les sports collectif).

Cette discipline ne concerne pas que les sportifs de haut niveau (même si les entraîneurs sont de plus en plus souvent formés à l’hypnose ou à la PNL) ou les professionnels de la communication désireux d’augmenter leurs ressources et leurs résultats : de nombreux particuliers poussés par l’envie d’améliorer leur qualité de vie y ont accès. Que cela soit pour une meilleure gestion de stress, une augmentation de la motivation et de certaines capacités (concentration, mémoire…) ou tout simplement pour se débarrasser de certains comportements gênants, voire de compulsions, l’hypnose peut être une réponse rapide et durable.

Photo : Maja Petric

La science, comme la pensée occidentale dont elle est issue, aime le mot juste, la précision, le symptôme, la réduction au plus petit, le plus petit devant être le plus simple, le plus clair.
Aristote et sa taxonomie, la logique grecque du tiers exclus, le cartésianisme de Descartes, notre culture judéo-chrétienne tout ces éléments ont favorisé le clivage en règle générale et surtout celui du corps/esprit.

Alors prendre les troubles alimentaires par leur coté symptomatique ou sur du procédural comportemental simple est-il une bonne idée ?

Revenons aux définitions, reculons d’un pas ou de plusieurs et tentons de voir ce qui est en jeu (enjeu).

La relation à la nourriture est une des premières relation au monde, relation liée directement à celle de la figure maternelle et à l’autre en règle générale. La première tétée ou le premier biberon, dans les bras de l’un ou l’autre parent, les regards, les bruits, les ambiances, tout cela constitue le terreau nourrissant du jeune enfant.

Ne serait-ce pas une bonne idée de porter comme grille de lecture, la nourriture comme un des symboles de l’altérité, de cette relation qui permet d’élargir le champ de la perception du réel et donc de poser un regard, un Senti, plus complet, plus existentiel et non réduit au seul corps sur l’adulte qui vient consulter ?

Relation au monde extérieur et intérieur / relation à l’autre et à soi / relation à la nourriture et à cet intérieur nourri. L’on est bien dans l’adaptation du Soi tel que le définit Virginia Satir.

Il existe de multiples manifestations d’un manque de valeur personnelle. En revanche, la congruence se traduit par une correspondance entre les sentiments et la communication.

L’accompagnement thérapeutique est un processus où, ensemble, il s’agit de favoriser l’indépendance et redonner du pouvoir. Il doit mener vers plus de congruence… et renforcer la solidité de l’estime de soi, être en accord avec tous les niveaux de la personne, être entier, en harmonie et congruent en son Soi.

Cette adaptation du Soi est bien une harmonisation relationnelle, cette adaptation ne peut passer que par l’équilibrage relationnel pour le renforcement du Soi.

La relation thérapeutique est essentielle, et cette relation suppose comme le dit V. Satir que « Le Soi du thérapeute est une composante importante, il va être congruent et communiquer de façon congruente. Plus l’intégration du thérapeute est élevée et plus la thérapie pourra atteindre un niveau suffisamment profond pour provoquer des changements. »

Nous pourrions dire, plus modestement, plus le thérapeute est connecté à son corps, à ses émotions et présent à l’autre, plus la relation thérapeutique peut être un modèle de relation bienveillante à l’autre.

D’où l’essentiel d’un travail sur Soi, ou cheminement personnel.
Des éléments à intégrer : ne pas vouloir pour l’autre, ne pas agir pour l’autre. Être présent, exister c’est être stable.

Qu’est ce qui utile pour le navire dans la tempête ? Le phare et sa lumière, le phare dans sa présence, et sa lumière dans son orientation ?
Cette lumière pour certains peut venir d’un chemin spirituel, même laïque. Elle peut être force enveloppante et nourrissante et ainsi renforcer la relation thérapeutique.
L’important reste d’être toujours au-delà des catégories sinon on devient étroit, de plus en plus étroit.

Secondement s’intéresser à tout l’enjeu relationnel et à l’estime de/du Soi sera donc un des axes fondamentaux de la prise en charge. L’estime de Soi d’ailleurs est un des marqueurs essentiels pour mesurer les évolutions.

L’approche de G. Nardone, entre autres, est aussi intéressante, introduisant le plaisir dans la relation à la nourriture et donc dans la relation de soi par rapport à la nourriture et au fait de se nourrir.

Car toute les tentatives de restrictions cognitives ou autres régimes ne font le plus souvent que renforcer la problématique de base.

Il est plus utile et agréable de réguler sans restreindre, soigner le contexte, rendre le plaisir sain ainsi que prendre soin de soi par le mouvement et le retour au Senti de son corps.

On entre donc dans tout un système de réapprentissages toujours plus en lien direct avec l’estime de Soi.

Ainsi la démarche la plus juste serait surtout axée sur la relation au corps et au Senti de et par ce corps, qui est un espace immense de découverte pour beaucoup, notre société ayant longtemps séparé le mental du corps.

Nous sommes bien dans un accompagnement qui part de et revient aux fondements du Soi. Un accompagnement complexe dans ce qu’il engage la totalité de l’être.

On peut aussi penser au travail sur la Transformation Essentielle des sœurs Andreas. Et finir par leurs mots : « Imaginez que vos problèmes peuvent, en fait, vous amener à des états que l’on appelle communément : « Paix Intérieure », « Joie », « Amour », ou bien « Unité ». Et ainsi apaiser ces manques les plus profonds de notre époque. Unité et Être – le but de la plupart des approches psycho-spirituelles- est un idéal approchable.

 

Irène Cazanave et Patrick Duquoc.

 

Irene Cazanave est hypnothérapeute, gestalt praticienne, spécialisée dans l’image de soi. Retrouvez-la sur son site ici.

Le stress* est ressenti lorsqu’un déséquilibre est perçu entre ce qui est exigé de la personne et les ressources dont elle dispose pour répondre à ces exigences. Bien que le stress soit perçu psychologiquement, il peut également porter atteinte à la santé physique.

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D’ailleurs le champ de recherche a évolué avec l’arrivée de l’épigénétique. Et les travaux récents montrent que l’environnement et ce que l’individu subit a des incidences sur l’expression de l’ADN, les enzymes produites entraînants parfois des modifications structurelles responsables de troubles physiologiques lourds

Les facteurs habituellement considérés comme propices au stress d’origine professionnelle sont une absence de droit de regard sur les tâches et leur exécution, le fait d’imposer des exigences inadéquates aux travailleurs, un manque de soutien des collègues et de l’encadrement.
Le stress résulte d’un manque d’adéquation entre notre travail et nous, de relations de qualité médiocres, de manifestations de violence physique ou psychologique sur le lieu de travail et de conflits entre notre rôle dans le cadre professionnel et à l’extérieur de celui-ci.
Les réactions à des circonstances identiques varient d’un individu à un autre. Certaines personnes sont mieux armées que d’autres pour répondre à des exigences élevées. L’important est la manière dont l’individu évalue subjectivement sa propre situation. Il n’est pas possible de déterminer le degré de stress qu’une situation est susceptible de causer en se fondant exclusivement sur les caractéristiques de cette situation.

Le stress à court terme, engendré par exemple par l’obligation de respecter un délai, ne constitue pas un problème en soi, il peut en effet stimuler chacun à donner le meilleur de soi-même. Le stress devient un risque pour la santé et la sécurité lorsqu’il est éprouvé dans la durée.

Symptômes du stress d’origine professionnelle 

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Le fait de ressentir un stress peut modifier la façon dont une personne ressent, pense et se comporte. Les symptômes sont les suivants:

En ce qui concerne l’organisation:
● absentéisme, taux élevé de rotation du personnel, respect des horaires médiocre, problèmes de discipline, harcèlement, réduction de la productivité, accidents, erreurs et augmentation des coûts d’indemnisation et des soins de santé.

En ce qui concerne l’individu:
● réactions émotionnelles (irritabilité, anxiété, insomnies, dépression, hypochondrie, aliénation, syndrome d’épuisement professionnel, problèmes familiaux);

● réactions cognitives (difficultés de concentration, problèmes de mémoire, d’apprentissage et de prise de décision);

● réactions comportementales (abus de drogue, d’alcool, de tabac; comportement destructeur)

● réactions physiologiques (problèmes de dos, immunité affaiblie, ulcères astroduodénaux, problèmes cardiaques, hypertension).

Une étude menée par le Dr Stanley Krippner, imminent hypnothérapeute et directeur d’un laboratoire de recherche sur le rêve nous révèle ceci de stupéfiant :
« L’hypnose centrée sur le stress réduit ses effets de 63 % avec une pratique de 3 semaines ». Les hormones de stress comme l’adrénaline subissent une baisse de moitié après une séance de 15 minutes d’hypnose.

Quelques minutes d’hypnose ou d’auto-hypnose vous apportent un effet de calme intérieur et de sérénité. Instantanément ! Vous ressentirez les bienfaits plusieurs heures après votre séance, et vous atteindrez un niveau de relaxation plus profond.

*Selon l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail, avec apports personne

La grossesse : avant l’équilibre c’est la logique du chaos.

La grossesse s’accompagne de son lot de changements et est un moment particulier et primordial dans la vie d’une femme. Cet événement est un cap dans la vie d’une femme, dans celle du compagnon, et bien sur dans celle de l’enfant qui va naître.

C’est en posant d’abord le contexte que vit une femme enceinte, domaine par domaine, que je vais y apporter des réponses. Réponses qui tiendront compte d’un pré-requis : Nos sentiments, nos expériences modifient notre ADN. Je rapporte ici cet extrait d’un article tiré de Sciences et Vie de mars 2010 :

« D’après les études menées par une psychiatre de l’Université de Californie l’ADN de sujets exposés à un stress psychologique chronique subit un vieillissement prématuré. Ce vieillissement est évalué dans certains cas entre 9 à 17 ans. Le mécanisme par lequel l’ADN « perdrait » ces 9 à 17 ans n’est pas encore connu. Il semble, de plus, que le stress et les traumatismes psychiques entraînent des modifications chimiques qui affectent l’ADN au niveau des « étiquettes » (l’épigénome 1) qui permettent de faire la différence entre les gènes à utiliser ou pas dans le processus cellulaire. Ainsi des stress aigus peuvent toucher des gènes qui permettent de lutter contre les tensions.
Mais l’influence de l’esprit sur le corps marche aussi positivement. Les émotions positives peuvent, elles aussi laisser, des traces. En 2008, des travaux menés dans un hôpital américain ont prouvé que 8 semaines de relaxation suffisaient à modifier l’expression de plus d’une centaine de gènes. La psychiatre affirme également « qu’il y ait aussi des chances pour que le soutien psychologique et social suffise à corriger le marquage épigénétique chez les personnes à risques ».

Françoise a 38 ans, elle vit en couple depuis une dizaine d’années. Elle est cadre dans une grande entreprise. Elle a déjà vécu une grossesse qui s’est terminée par une fausse couche. En venant me voir elle est forte de ce désir d’enfant et veut mettre toutes les chances de son coté.

Je décide alors de travailler plus précisément sur trois domaines qui sont essentiels. Avant le travail thérapeutique proprement dit, il faut en définir les axes. Les causes revenants le plus souvent dans ce qu’elle me dit sont : nausées et alimentation; l’humeur, le couple, l’appropriation de l’état maternel et la sexualité.

La première demande de Françoise est ses nausées insupportables. Il y a toujours un premier motif, qui je le sens ici va aller plus loin.

Les trois premiers mois sont d’abord une adaptation du corps à ce nouvel état de grossesse qui implique d’énormes changements. Le bouleversement hormonal est puissant pour installer le corps et l’esprit dans ce nouvel état.

Ces nausées ont un impact sur son quotidien, sur son alimentation, sur le dégoût qui l’accompagne pendant certains actes du jour, sur son sommeil qui s’altère et deviens moins réparateur alors qu’elle a tant besoin de bien se reposer, sur l’ambiance dans le cadre du travail.

En restant sur l’alimentation, Françoise ne se rend compte que d’une chose, c’est qu’elle a du mal a faire des repas comme avant, “Vomissements, manque d’appétit sont devenus mon quotidien.” C’est le lot des trois premiers mois qui peuvent être difficiles à vivre sur le plan physique.

Pourtant ces nausées ne sont que l’épicentre du changement majeur qui se passe. Ce que je vois de Françoise au cours de cet entretien et de son passé, me pousse à calmer cette angoisse sous-jacente. La nervosité est là présente au delà des mots, dans ses mouvements un peu trop excités.

Avant l’équilibre c’est la logique du chaos qui commande. L’équilibre est ici le mot clé, et cet équilibre lui manque. Il faut poser le calme dans un milieu en mouvement avec l’aide d’outils particuliers. L’hypnose et la méditation sont là capables de montrer leur grande efficacité. 15 minutes de méditation par jour permettent d’obtenir un centrage sur soi, mais également de revenir dans des états de bien-être issus de souvenirs agréables et de bien être, de mobiliser des ressources intérieures, et de les installer à demeure. Cet exercice permet de se mettre en capacité de les rappeler quand le besoin s’en fait sentir. La forme de méditation que je pratique est parente de l’auto-hypnose et utilise des techniques issues des neurosciences canadiennes.

Lui en parler, prendre le temps de poser un cadre calme conforme avec ce que j’exprime des qualités intrinsèques de la méditation, fait partie du travail thérapeutique. Détailler les différentes étapes avec elle fait qu’elle se calme déjà. Il est important pour moi, et pour le travail que l’on fait, que l’on soit dans le même cadre.

Il faut une démarche complémentaire à la méditation, c’est ce que je fais avec Françoise, en la mettant dans une transe hypnotique (état modifié de conscience qui permet le travail axé sur le changement). Je lui fais alors rechercher un souvenir où elle se sent particulièrement bien, fais revenir des sensations, des parfums, des ressentis, des images, l’état même de ce bien-être, qui peut être tout autre chose que du calme. Il n’y a pas d’absolue généralité. Chacun a les ressources en lui et il convient de les exploiter selon les besoins. Françoise me raconte un moment sur la plage aux Antilles avec toute la saveur et l’intensité d’un excellent souvenir.

Il me reste juste à amplifier ses sensations, les diffuser plus largement dans le corps, et de les ancrer pour rappel. Le rappel permettra à Françoise de gérer ses nausées, et d’appeler l’état amplifié de bien-être qui a été ancré lors de la séance.

Il est important ici de dire que ces méthodes peuvent éviter une sur-médication, les médicaments sont utiles mais leur abus peut causer des dommages importants. Et justement Françoise me dit qu’elle prend déjà beaucoup trop de choses.

L’humeur subit des variations, les hormones ont cet effet là sur le corps, et aussi sur l’esprit. Dur de trouver l’équilibre qui garantit une bonne grossesse. Ensuite bien sur il y a d’autres points qui viennent s’ajouter. C’est différent selon les trimestres. Plus dur sur le premier que sur les deux autres, où les hormones se stabilisent. Mais ces deux derniers trimestres amènent la transformation du corps qui va prendre de plus en plus de place, au sens propre et au sens figuré.

Françoise se sent énervée, sent que son humeur est beaucoup moins stable. Par moment elle le dit, elle n’est plus elle-même, et ne se reconnaît plus.

Cet état est normal car elle vit un changement continu qui touche tout son corps et toute son identité.

Le compagnon peut en faire les frais, comme il est partie prenante et accompagnante. Il prend de fait. Et ces instabilités « finissent en amères disputes », me dit-elle… Devenir mère renvoie aussi à d’autres choses. C’est un moment bilan, qui renvoie vite à sa propre mère. Sentir la vie se développer en soi impose des sensations qui vont aboutir à une appropriation de l’état maternel. Des tourbillons du passé peuvent avoir un impact nocif ici.

Il faut faire le ménage sur son passé, faire son deuil de certaines expériences. Savoir quoi garder, quoi jeter. C’est ici que l’hypnose trouve sa place. C’est un processus qui s’apparente un peu au bilan de la journée que l’on fait parfois, et que l’on devrait faire plus souvent… On le nomme récapitulation.

Comment en effet avancer quand un pied reste encore dans l’autre pièce… C’est une image qui représente bien des choses. Certains événements du passé restent là, et tiennent place, lié au corps parfois par des douleurs. Ils tiennent mémoire, liés ici avec de la souffrance, et revenir vers sa mère et son enfance peut être un bon déclencheur…

Françoise a en effet un deuil mal fait, une fausse couche qui l’a beaucoup marquée. Il faut vraiment en tenir compte. Elle ne peut pas vraiment avancer librement avec cette plaie mal refermée.

Le travail thérapeutique dans la transe hypnotique va être de séparer les choses, de ranger, de fermer des portes. Il va permettre de travailler aussi sur la ligne du temps afin de mieux orienter dans l’espace le passé, le présent, le futur. J’utilise souvent une expression qui résume tout ce jeu sur le temps: “ Il faut prendre son temps”, cette parole n’a jamais été aussi juste qu’au travers d’un travail hypnotique et symbolique. Prendre son temps, c’est le maîtriser, savoir où il est. Où se trouve le présent, aujourd’hui, maintenant, où se trouve demain.

Le travail sur la ligne du temps est très complémentaire de celui fait avec la récapitulation. Il est très bénéfique sur des événements traumatisants. Cette fausse couche n’a pas empêché Françoise d’avoir envie d’un autre enfant mais c’est un voile qu’il convient de bien ranger dans le passé.

Il est là aussi, essentiel de s’occuper du compagnon, futur père. Tout ce qui joue sur l’humeur, le relationnel touche les deux. C’est l’espace entre l’équilibre du couple qui détermine son intime. Cet espace, a ce moment, les lie autour d’un objectif commun, et de sentiments communs. Le même travail que réalise Françoise peut donc être fait aussi avec son compagnon, et même dans certains cas, avec les deux ensemble, surtout dans le cadre d’événements restants dans le passé et qui ont fortement touché le couple.

Avoir un couple « uni » qui a su gérer son espace, sa communication, son intime propre et son intime de couple, laisse espérer que cet ordre, cette dynamique ne peut que s’adapter au changement. La mise en œuvre de ces ressources leur ouvre le champ des possibles, qui ne peut exister qu’en restant dans une perspective d’aller vers.

La sexualité doit aussi s’adapter à la grossesse. Encore ces hormones qui apparaissent là avec leurs effets érotisant, ou l’inverse. Comme vous le savez, on ne commande pas aux hormones on les subit.

Dans tous les cas la sexualité du couple peut se modifier singulièrement pendant ces moments, et cela met donc en jeu le rôle du partenaire-conjoint. Sa vie sexuelle rejoint ici celle de Françoise. Va-t-elle s’équilibrer alors que nous sommes souvent dans cette période dans une communication loin des mots.

Un surcroît d’activité, de désir doit trouver sa réponse. Il est vrai que la sur-demande est momentanée et que la femme enceinte est souvent vue avec un fort sex-appeal, il y a donc peu de chance que cette sur-demande se passe mal. Mais ne parions jamais sur le particulier d’une vie, sur l’équilibre délicat de l’intime. Le cas d’une sous-demande peut être encore plus évident. La frustration n’est bonne ni pour l’un ni pour l’autre.

Comme Françoise le dit : « c’est un moment pour découvrir, pour se découvrir, c’est quand mon corps change, que je ressens la vie de manière différente, avec des sens qui sont beaucoup plus présents, que je me sens là encore plus femme. Plus encore dans la sensualité qu’avant. »

Je sens que cette réponse est très importante. La sensualité de la grossesse participe de sa sensualité propre et elle ne veut rien perdre de ce moment.

Ici l’écoute est importante. L’écoute du corps, du cœur et des sens, tout doit se faire et encore une fois s ‘équilibrer. Le plus de désir doit être réciproque et assumé ensemble, et le moins de désir doit l’être aussi. C’est là un travail individuel sur l’écoute et la satisfaction de ses désirs. Une question qui déborde bien sur de la grossesse et vaut pour toute la vie. C’est un travail où la méditation dans son approche épicurienne apporte beaucoup.

Il faut savoir vivre en pleine conscience chaque instant positif, savoir le vivre de manière le plus intense possible, pouvoir même en modifier l’intensité. Équilibrer ce n’est pas figer les choses sur un seul point. L’équilibre est mouvant, comme la vie. Cela suppose un regard, une attitude qui soit dans la présence à soi-même.

Le travail en séance peut être didactique et aller par exemple vers l’enseignement de techniques d’auto-hypnose. Il peut laisser aussi apparaître une approche de développement personnel, de projet de vie. Françoise dans le feu de la discussion laisse apparaître des soucis au travail, mais ce n’est pas le bon moment pour s’en occuper. Il faut procéder étapes par étapes. Je le note pour plus tard.

La sexualité s’accompagne de tant de tabous. Les lever, ou au contraire les voiler pour être soi-même est une œuvre qui lie l’identité au désir, au plaisir, à la satisfaction, et même à la jouissance.

C’est encore une approche duale. Chacun doit avancer seul, et le couple doit avancer ensemble. La réponse c’est trouver comment canaliser la vie de son couple pour en influencer la durée. Mieux gérer la communication en y intégrant aussi la sexualité.

Une thérapie peut éviter les problèmes qui peuvent apparaître après la naissance. Françoise me paraît très touchée par cette préoccupation. Elle se rend compte qu’avoir un enfant est un engagement total dans la voie du changement.

Enfin il faut noter que l’hypnose et l’accompagnement ne sont efficaces que dans une démarche volontaire. Qu’ensemble nous travaillons dans une démarche positive et globale, mais aussi particulière. Qu’il faut être prêt à changer, à avancer. La démarche ericksonienne est orientée vers les solutions, et considère que l’inconscient est un partenaire essentiel, que toutes les ressources sont en nous et qu’il faut juste mobiliser, adapter ce qui est, pour être soi, libre de vivre notre présent et de construire notre futur en conscience. Que ce soit dans un accompagnement thérapeutique ou dans une démarche de développement personnel, je suis toujours avec mes client(e)s, bienveillant et dans le non jugement. Quand j’utilise l’hypnose, la méditation, ou la PNL, c’est d’abord la force de mon Intention positive qui fait la différence et mon seul souhait, c’est que cette Intention positive soit la plus contagieuse possible.

1- L’épigénome définit l’ensemble des changements d’expression géniques.
Patrick DUQUOC

Quelques Vidéos sur les Troubles Relationnels et Alimentaires

 

La formation TRA 1er Volet


Le Triangle TRA


Vidéo Facebook Live, avec réponses à des questions sur le sujet des Troubles Relationnels et Alimentaires

( le début est pas dans le bon sens, ça s’arrange vite)

 

Je suis là pour répondre à vos questions, et demandes